Les vertus

Beaucoup voient dans les vertus, des chimères, relents d’une vieille nostalgie héritée d’une doctrine vaticane d’un autre temps, ou encore des préceptes de philosophie si évanescents qu’elles ne peuvent être comprises que par des érudits. Mais les valeurs de ces vertus ne sont ni religieuses, ni philosophiques, mais bien réelles en chacun d’entre nous. Ce sont des axes, des routes, des chemins permettant de nous trouver nous-mêmes et de trouver en nous … Dieu. Cette rencontre ne peut se faire que par ces vertus et les prières. Les vertus sont les outils que Dieu met à notre disposition pour nous élever à une pensée plus pure et plus forte que le commun des mortels. Elles ne servent pas à conforter nos choix, nos idées, nos réflexions, ni à nous rendre meilleur. Elles ne sont ni physiques, ni psychiques, ni encore moins psychologiques. Elles sont comme des réflexes que nous avons instinctivement lors de certaines situations. Elles se déclenchent au moment le plus opportun et se révèlent à nous comme une vérité. Les vertus révèlent notre âme à l’esprit. Elles travaillent avec notre être intérieur, notre homme intérieur comme le souligne si bien Dom André Louf et nous guident dans la compréhension de nous-mêmes, dans notre intuition à devenir plus lumière que ténèbre. Elles anoblissent nos faiblesses et nous les font accepter comme partie entière de nous et nous montrent leur utilité à nous rendre humble. Elles arrêtent les combats internes et sèment la paix, l’harmonie dans notre âme. 

Elles sont au nombre de 7, plus 2 supplémentaires qui en découlent: la justice, la clémence, la force, la tempérance, la foi, l’espérance, la charité et les deux dernières la sagesse et l’intelligence. Chacune d’elle est un apprentissage pour notre âme car elle doit se soumettre à ces vertus qui sont des lois divines, comme la matière se soumet aux lois de la physique. Elles sont les étapes alchimiques de la transformation de l’être pour arriver aux portes de la connaissance qui nous laisse accéder aux deux dernières vertus: la sagesse et l’intelligence.

les 4 premières: la justice, la clémence, la force, la tempérance sont les vertus cardinales, ayant pour l’homme et sa nature une fonction de guide comme une boussole qui indiquerait le bon chemin à prendre. Elles s’inscrivent dans la matière et doivent influer dans nos vies de tous les jours. Ainsi les 4 vertus  cardinales sont bien des guides pour chaque situation de nos vies ou pour chaque choix que nous avons à faire. Elles nous obligent à changer l’homme dans sa nature primitive et singulière pour l’amener à comprendre sa position dans la construction de l’univers et sa fonction. Elles sont toutes tournées vers nous-mêmes, vers notre intériorité afin d’y trouver la lumière. Elles obligent l’homme à descendre dans ses propres ténèbres pour y trouver l’éclat de lumière qu’il devra par la suite faire grandir.

Les 3 autres vertus sont des vertus théologales: la foi, l’espérance et la charité, elles donnent à l’âme la possibilité de s’ouvrir vers d’autres dimensions plus sensorielles et plus intuitives. Elles sont tournées vers les autres, vers notre extérieur afin de révéler la lumière aux autres, de devenir ainsi un guide, un regard, une conscience,  laissant entrevoir en chacune de vos actions pour les autres, l’expression la plus pure de chaque vertu qui s’assemble telle des engrenages régissant un mécanisme dont nous n’avons pas la maîtrise. Elles régissent les lois de l’évolution car ayant déjà travaillé sur notre être, ces vertus nous donnent accès à notre âme, afin qu’elle se métamorphose et se révèle à la lumière. Ainsi elle pourra grandir. Le corps physique deviendra trop petit pour elle, elle s’ouvrira à l’extérieur comme une fleur qui déploie ses pétales aux rayons du soleil. Ainsi nous pouvons éclairer le monde de la lumière de Dieu.

Les deux dernières vertus sont divines car elles ne sont pas accessibles par notre volonté mais offertes par Dieu à ceux qui auront travaillé et modifié leur être grâce aux 7 autres vertus. Elles composent la part de l’esprit, la main de Dieu, qui vous saisit et vous emmène vers une compréhension du tout et de la lumière. Elles offrent les outils pour changer le monde et devenir le témoin de Dieu. Elles transforment l’homme dans tout ce qu’il a été pour qu’il devienne ce qu’il doit être selon la volonté de Dieu. Elles sont l’abandon total à lui et ne laissent aucune place au doute et à la peur. Elles sont vérité et lumière, elles n’ont pas d’ombre car elles ne peuvent pas être, par leur propre nature, remise en cause. Elles sont uniquement cela. Elles vivent en nous comme une respiration et ne laissent plus entrevoir mais voir Dieu,  car elles lui permettent de vivre en nous et nous en lui.

La justice :

Elle est de Dieu et ne peut être remise en cause. Dans notre conscience, on veut la comparer à la justice des hommes mais elle n’a rien avoir avec celle-ci. Elles sont diamétralement opposées. La justice de l’homme est faite de sanctions, de punitions, de condamnations. Dans un tribunal, vous trouvez une défense et une accusation qui s’opposent, chacun voulant convaincre les juges, pour que le jugement soit en leur faveur et que la partie adverse perde. Il en ressort toujours un bon et un mauvais, un coupable et un innocent, et lorsque l’une ou l’autre des parties gagne on entend de la part des gagnants “ justice à été rendue” et de la part des perdants: “la justice est fausse et c’est une erreur”. Il faut trouver un coupable et une victime. La justice des hommes est fondée sur cela, l’un qui est reconnu bon et l’autre mauvais. On veut tous que cette justice soit rendue dans notre sens et pas dans le sens équitable, et encore moins dans le sens des adversaires. Dans la justice des hommes “le pardon” n’a pas sa place, il faut une sanction et si la sanction est insuffisante ou absente, alors nous pensons que cela est injuste. Cette sanction est comme la lame du bourreau qui tranche dans la chair, elle est toujours douloureuse pour l’une des deux parties. Dans tous les cas, la justice des hommes est imparfaite car elle est basée sur nos propres ressentis et notre propre vécu. Et bien sûr nous sommes tous juges car nous nous sentons en droit de juger l’autre, avec dégoût, indignation, colère, avec du mépris. nous pensons être meilleur que cette personne et mieux en tout point. Mais aucun de nous ne peut imaginer être à la place de l’accusé. Imaginons quelqu’un qui a commis un viol, un meutre, un vol et qu’il soit jugé coupable; tous nous dirions à l’unisson: “il mérite la prison” ou pire certains demanderont sa mort. Mais si nous avions eu la même enfance, la même vie, les mêmes rencontres, les mêmes faiblesses, les mêmes parents, les mêmes amis, les mêmes doutes, les mêmes tristesses, ressenti le même rejet de la société, le même abandon de ceux qui devaient nous aimer, aurions nous fait différemment que lui, ne saurions nous pas tombés dans les mêmes pièges que lui. Bref comment pouvons nous dire dans ce cas que nous sommes mieux que lui et le juger. Parce que nous avons eu plus de chance que lui et moins d’épreuve que lui, fait de meilleures rencontres, n’ayant pas subi la vie comme lui. Je sais que ce que j’annonce ici est dur à entendre mais pourtant c’est la vérité. La justice des hommes est imparfaite  car elle est empreinte de notre orgueil à pouvoir juger quelqu’un de bon ou de mauvais. Mais personne ne peut juger impartialement car il n’a pas les outils qu’il faut pour cela. Vous ne jurerez que par vos expériences vécues et par vos préjugés ou envies, l’impartialité des hommes ne peut pas exister. Un autre exemple: une juge a perdu son enfant dans un accident de voiture dû à la perte de contrôle d’un autre véhicule dont le conducteur était ivre. Pourra-t-elle juger avec la neutralité nécessaire d’autres accidents de la même sorte ou bien son expérience et sa douleur lui feront rendre un jugement plus sévère et plus dur? La justice des hommes est imbibée de nos douleurs et de nos colères, elle ne peut être juste. Elle ne prend pas en compte cette dimension et se fait fi des sentiments. Elle punit, c’est tout, et garde les yeux fermés pour ne pas être jugée elle-même. 

La justice dans les vertus est tout autre, elle émane de Dieu. Elle englobe toutes les faces visibles et invisibles du problème et de ces protagonistes car elle voit ce qui est caché. Elle soupèse tous ces aspects et en tire soit un pardon, soit une sentence. Elle est juste et parfaite car rien n’a été oublié, l’amour, la folie, les erreurs, les histoires de chacun, les douleurs, les joies, les erreurs et les actes bons ou mauvais… tout lui est connu. Elle peut déplaire car on trouve bien des fois que Dieu n’intervient pas dans notre sens. Mais il a jugé juste et parfaitement chacun d’entre nous. La sentence nous blesse car elle n’est pas en notre faveur ou nous trouvons que la sentence est insuffisante pour l’autre. J’entends régulièrement: “il n’arrive rien au méchant, tandis que moi qui n’ai rien fait, je vis dans la difficulté”. je rappelle à ces personnes le Psaume 37 :

Ne t’irrite pas contre les méchants, N’envie pas ceux qui font le mal.

Car ils sont fauchés aussi vite que l’herbe, et ils se flétrissent comme le gazon vert.

Confie-toi en l’Éternel, et pratique le bien; Aie le pays pour demeure et la fidélité pour pâture.

Fais de l’Éternel tes délices, et il te donnera ce que ton cœur désire.

Recommande ton sort à l’Éternel, Mets en lui ta confiance, et il agira.

Il fera paraître ta justice comme la lumière, et ton droit comme le soleil à son midi.

Garde le silence devant l’Éternel, et espère en lui; Ne t’irrite pas contre celui qui réussit dans ses voies, contre l’homme qui vient à bout de ses mauvais desseins.

Laisse la colère, abandonne la fureur; Ne t’irrite pas, ce serait mal faire.

Car les méchants seront retranchés, Et ceux qui espèrent en l’Éternel posséderont le pays.

Encore un peu de temps, et le méchant n’est plus; Tu regardes le lieu où il était, et il a disparu.

Les misérables possèdent le pays, et ils jouissent abondamment de la paix.

Le méchant forme des projets contre le juste, et il grince des dents contre lui.

Le Seigneur se rit du méchant, car il voit que son jour arrive.

Les méchants tirent le glaive, Ils bandent leur arc, Pour faire tomber le malheureux et l’indigent, Pour égorger ceux dont la voie est droite.

Leur glaive entre dans leur propre cœur, et leurs arcs se brisent.

Mieux vaut le peu du juste que l’abondance de beaucoup de méchants;

Car les bras des méchants seront brisés, mais l’éternel soutient les justes.

L’Éternel connaît les jours des hommes intègres, et leur héritage dure à jamais.

Ils ne sont pas confondus au temps du malheur, et ils sont rassasiés aux jours de la famine.

Mais les méchants périssent, et les ennemis de l’Éternel, comme les plus beaux pâturages; Ils s’évanouissent, ils s’évanouissent en fumée.

Le méchant emprunte, et il ne rend pas; Le juste est compatissant, et il donne.

Car ceux que bénit l’Éternel possèdent le pays, et ceux qu’il maudit sont retranchés.

L’Éternel affermit les pas de l’homme, Et il prend plaisir à sa voie;

S’il tombe, il n’est pas terrassé, car l’Éternel lui prend la main.

J’ai été jeune, j’ai vieilli; Et je n’ai point vu le juste abandonné, ni sa postérité mendiant son pain.

Toujours, il est compatissant, et il prête; et sa postérité est bénie.

Détourne-toi du mal, fais le bien, et possède à jamais ta demeure.

Car l’Éternel aime la justice, et il n’abandonne pas ses fidèles; Ils sont toujours sous sa garde, mais la postérité des méchants est retranchée.

Les justes posséderont le pays, et ils y demeureront à jamais.

La bouche du juste annonce la sagesse, Et sa langue proclame la justice.

La loi de son Dieu est dans son cœur; Ses pas ne chancellent point.

Le méchant épie le juste, Et il cherche à le faire mourir.

L’Éternel ne le laisse pas entre ses mains, et il ne le condamne pas quand il est en jugement.

Espère en l’Éternel, garde sa voie, et il s’élèvera pour que tu possèdes le pays; Tu verras les méchants retranchés.

J’ai vu le méchant dans toute sa puissance; Il s’étendait comme un arbre verdoyant.

Il a passé, et voici, il n’est plus; Je le cherche, et il ne se trouve plus.

Observe celui qui est intègre, et regarde celui qui est droit; car il y a une postérité pour l’homme de paix.

Mais les rebelles sont tous anéantis, La postérité des méchants est retranchée.

Le salut des justes vient de l’éternel; il est leur protecteur au temps de la détresse.

L’Éternel les secourt et les délivre; Il les délivre des méchants et les sauve, parce qu’ils cherchent en lui leur refuge.

Dieu n’inflige pas à l’homme ce qu’il n’est pas capable de surmonter. La vertu de la justice est faite pour que notre jugement soit mis au silence, afin de laisser Dieu juger car son jugement est meilleur et plus juste car il n’est pas empreint de haine ou de dégoût, de colère ou de tristesse. Dieu ne connaît pas cela,  et son jugement est rempli de pardon. Il est le père de tous. Comment un père pourrait juger sévèrement son enfant? Dieu mettra tout en œuvre pour faire revenir son enfant dans le droit chemin. Il utilisera les épreuves de la vie, les chutes, les questionnements, les rencontres,… comme un père, il sévira si besoin mais sera blessé dans sa chair. Quel père aime punir son enfant? Il appliquera sa justice dans l’amour de celui-ci et ne commettra aucun acte avec colère. Ne croyez pas non plus qu’il est faible par son amour. Dieu n’hésite pas à punir ces enfants, malgré ses avertissements et toutes ses tentatives de les ramener dans le droit chemin, à les rappeler auprès de lui afin de les juger lui-même. La première vertu est la justice, elle est le commencement d’un chemin initiatique et les autres vertus seront bien des étapes encore à franchir, mais cette première vertu est la plus dure car elle nous oblige à nous laisser aller à lui, à nous abandonner à sa volonté dans nos choix, dans nos actes, dans nos épreuves et admettre que sans lui nous ne pouvons pas marcher, ni réfléchir, ni vivre. Elle est la porte d’entrée d’un chemin de transformation de l’âme, de l’esprit et du corps. Mais bien des hommes chutent à cette porte car ils sont trop alourdis du fardeau de leur orgueil, ne voulant laisser tomber sur ce seuil le manteau qui les a toujours enveloppés: l’égo. Sans cette mise à nu de notre être et sans l’abandon total de notre volonté à Dieu et à sa justice, aucune transformation n’est possible. Il faut se dépouiller de tous nos liens qui nous enchaînent à notre propre volonté comme un cheval guidé par les mors, comme la cavalière qui ne fait qu’un avec le cheval et n’utilise plus les rennes pour le guider. Il faut se libérer de cela pour trouver la liberté de suivre son instinct. Notre instinct est la justice de Dieu. Son jugement est donc d’or de couleur jaune, limpide et clair et éclairant de mille feux. Cette vertu nous invite à comprendre que nous ne possédons pas les outils pour juger. Cette vertu nous permet de prendre conscience de la grandeur de Dieu et que nous ne savons rien, il faut revenir à notre état de nouveau-né pour recevoir sa connaissance, ce qui veut dire qu’il faut faire naître en nous, par lui, la compréhension de tous nos sens.

La clémence:

Nous la retrouvons dans toutes nos actions de vérité. Elle n’est pas fourbe ou retors car elle ne va pas se substituer à la justice, au contraire elle l’accompagne dans sa démarche. Elle va juste amener un calme et une sérénité dans le processus d’émettre un jugement. Nos jugements sont trop souvent épris de colère car ils réagissent à un système primitif qui laisse le sentiment d’agir au lieu de laisser notre âme prendre la parole. La colère dévie le jugement de la vérité, de son acte premier. La clémence accueille le temps comme un outil nécessaire à une rupture dans la durée du processus du jugement. Elle n’est pas faite pour détourner Dieu de sa sentence, sentence s’il y a, mais elle nous laisse le temps d’une action de grâce qui nous amène au pardon pour laisser la juste vérité de Dieu s’accomplir. Pour cela, il faut regarder l’autre avec humilité et accepter que nous sommes certainement moins bien que lui. Par cette action d’abaissement, nous pouvons trouver en lui des causes  à ses actes. Sans ce travail, nous ne pouvons pas voir l’autre dans son entièreté avec tout ce qui le constitue. Le voir avec notre colère ne ferait apparaître qu’une partie de lui, celle que nous détestons car contraire à nous. Le voir par le prisme de l’humilité c’est apprendre que nous sommes comme lui et regarder aussi ce qui fait de lui quelqu’un de bien. Je me dis souvent cette phrase : “ si quelqu’un me traite de fou, qu’est ce que j’ai fait pour qu’il en arrive à cette conclusion sur moi? Que lui ai-je montré de moi? Est-ce que je me suis mal comporté ou mal exprimé envers lui ? Je me dois de voir avant tout si en moi je n’ai pas fait preuve d’orgueil, de mensonge, de moquerie; si je ne l’ai pas blessé ou humilié intentionnellement ou inconsciemment. Si la réponse est non, alors, je recherche dans son histoire les raisons qui le poussent à penser ça de moi. Bien souvent je trouve des réponses à mes questions. Sans cette remise en cause de nous-même, nous ne pouvons pas regarder les autres avec vérité. Et sans cette vérité, nous ne pouvons pas émettre un avis sincère et équitable. Cette démarche vous amènera au pardon, car le pardon est un acte de clémence. Il nous permet de nous libérer nous-même de toute colère, vengeance et de haine. La clémence inclut en nous ce don de pardon, ce don d’amour et de lumière. Elle nous libère encore une fois de nos chaines qui nous retiennent à notre moi primitif pour laisser aller à Dieu. Ce don de pardon permet aussi à l’autre de pouvoir reprendre sa place au sein même de notre société. Il lui donne le pouvoir aussi de changer et à lui aussi de maîtriser son acte et ses paroles. Le don du pardon, lui, donne un accès direct à une compréhension de soi-même, donc à la vérité. Mais pour pouvoir lui offrir cette opportunité, faut-il encore ne plus juger l’autre et se rendre disponible à sa propre critique. Notre seigneur Jésus Christ l’a vécu et nous l’a montré de la meilleure manière qu’il soit, incontestable et ne pouvant pas être remis en cause. Il a été traîné, enchaîné devant les tribunaux, devant Ponce Pilate, devant Hérode, devant son peuple et tous l’ont renié et se sont moqués de lui. Ils l’ont fouetté, couronné d’épines dont chacune lui déchirait la peau du crâne, après avoir été affaibli, il devra encore porter sa lourde croix sous les insultes et l’opprobre, écrasé par le poids de cette croix qui lui déchira les muscles des épaules, pour finir par enfoncer au marteau des clous dans chacune de ses paumes et dans ses pieds qui le traversaient littéralement. Lui qui savait qu’il allait mourir et connaissant la colère que sa mort allait engendrer chez son père. Ressentant la douleur de son supplice et à bout de souffle, il trouva la force  de demander à notre Père : “pardonne-leur Seigneur, car ils ne savent pas ce qu’ils font”. Par cet acte empli de lumière, il s’abaisse et accepte son sort et demande la clémence de Dieu. Dans ses paroles, Jésus acte que les hommes qui l’ont fait souffrir n’y sont pour rien, que c’est lui qui n’a pas su convaincre. Il implore dans son sang la clémence  et demande pardon pour nous. Qui d’entre nous trouvera la force d’accepter cela? Le serai-je moi-même capable? Il faut énormément d’humilité et d’amour pour son prochain, afin de réclamer la clémence pour quelqu’un d’autre que soit. Car toutes les vertus sont tournées vers les autres et pour les autres.

La force :

Bien souvent et à chaque homme, le saint esprit donne le don de Force. Certains s’en rendent compte et d’autres pas. Mais quelle est cette force? Est-ce une force surhumaine qui permet de déplacer les montagnes, comme Hercule ou Samson? Est-ce une force intellectuelle qui permet de résoudre tous les problèmes et de comprendre le monde? Est-ce une force pour asservir les peuples à la domination du joug d’un dictateur?

Vous voyez bien qu’il y a bien des forces différentes et ce mot peut  annoncer bien des choses différentes. Mais le don de force n’est aucun de ceux-là. Il n’est même pas dans la force de se relever d’un échec. Le don de force que le saint esprit nous donne, c’est celui de croire, de croire en Dieu le Père tout puissant malgré tous les préceptes qui émergent essayant de le terrasser. Cette force est unique et est intrinsèque à chacun. Elle infuse en nous la force  de croire malgré tout, malgré la terreur, malgré la douleur, malgré la maladie, malgré nos erreurs, malgré nos chutes et même malgré la mort. J’ai vu des gens se détourner de Dieu en disant “pourquoi?”, quand ils perdent un être cher. Pourquoi il m’a retiré celle ou celui que j’aimais? Pourquoi m’a t’il fait cela à moi, moi qui l’ai toujours prié, moi qui l’ai toujours aimé, moi qui lui ai consacré bon nombre de mes nuits à le prier, pourquoi? Pourquoi m’a-t -il fait cela? C’est là que le don de force intervient, dans nos doutes, dans nos faiblesses, dans nos peurs, il est là, il surgit du plus profond de notre être pour nous donner la force de continuer à croire et se soumettre à la volonté de Dieu en disant: puisqu’il est mort et que tu me l’as enlevé, c’est que tu dois avoir tes raisons et qu’il méritait d’être près de toi pour te glorifier et te louer éternellement. Comme une sorte de promotion, tu lui as donné la possibilité d’accéder à des choses auxquelles je n’ai pas accès, merci pour lui, merci pour elle. Voilà le don de force qui nous permet de se soumettre à la volonté de Dieu, de la comprendre, de la faire sienne et de l’utiliser pour pouvoir à nouveau nous aussi s’élever vers lui. Le don de force, il est là aussi pour résister à toutes les tentations, à toutes les humiliations, à toutes les révoltes qui sont soumises au diktat de l’égo et l’indicible mal qui est satan en infusant en nous sa volonté. Elle est là pour lutter contre lui, elle est là pour lutter contre ses abjectes intentions, elle est là pour dire non! en moi est la lumière et je ne laisserai pas passer les ténèbres. Tel est le verbe qui doit être proclamé avec force et vigueur. Celui-ci doit être étendu aux quatre coins du monde pour anéantir une bonne foi pour toute la bête qui est venue terrasser le monde. Mais ce don de force il faut aller le chercher au plus profond de vous, il faut aller le chercher dans l’intimité de son être, là où vous refusez de descendre, là où dans les plus profonds méandres de votre âme, vous avez enfoui vos plus profonds péchés, vos plus profondes erreurs, vos plus profonds aveuglements, les choses les plus noires qui peuvent vous faire fuir en les regardant en face. Il faut aller les affronter, il faut aller les résoudre, il faut aller les regarder droit dans les yeux et dire oui, j’ai fait cela et j’ai péché devant Dieu et devant les hommes. Oui j’ai commis l’avarice, oui j’ai commis la gourmandise, oui j’ai commis la paresse, oui j’ai commis l’envie, oui j’ai commis la luxure, oui j’ai commis la colère, oui j’ai commis l’orgueil, je déclare que je suis pécheur devant Dieu Père, Père tout puissant, fils unique et st esprit, vous, trinité, vous, unité, donnez-moi la force de me pardonner, donnez-moi la force enfin d’accepter d’être pardonné par vous, en vous et avec vous tous mes péchés. Afin que je puisse me relever et pouvoir annoncer votre gloire et votre force pour pouvoir dire au monde, oui, je suis pécheur, oui je l’admets, j’ai commis des erreurs mais Dieu par sa bonté et par la force de ma foi m’a pardonné tous mes péchés. Alors je vous demanderai à tous et à toutes de bien vouloir aussi me pardonner mes péchés par le pardon si simple car il n’est pas si facile à donner quand il est sincère. La force du pardon est un acte démesuré d’amour sans limites, on efface tout et on oublie tout pour tout recommencer. Plus de rancœur, plus de haine, plus d’attaques, plus de sous-entendus,on ne garde plus en mémoire ses fautes et celles des autres. On oublie tout. Et lorsque vous aurez trouvé cette force, lorsque vous la sentirez grossir au fond de votre ventre, elle sera là à chaque fois pour vous servir et pour acclamer votre foi au monde entier, oui, je crois. Non pas parce qu’il faut croire mais parce que je connais Dieu et qu’il me connaît. Parce que sa volonté est que je l’aime et parce qu’il m’aime. Et oui j’ai la force de l’aimer et j’ai la force d’aimer toute sa création comme si elle était mes frères et sœurs et que j’en étais le dépositaire, que je devais en prendre soin non pas pour moi, mais pour le reste du monde. La force est un acte volontaire et réfléchi de charité, d’espérance, de foi, de justice, de clémence, de tempérance. La force que le saint esprit nous donne c’est celle d’acclamer la lumière et de détruire les ténèbres.

La tempérance :

La tempérance, de toutes les vertus, est certainement la plus difficile à acquérir car elle nous demande une concentration et une analyse de nous-même de chaque instant. La justice est un abandon, la clémence est un pardon, la force une volonté mais la tempérance implique pour la première fois un changement radical dans nos habitudes, au quotidien et dans chacune de nos actions. Un changement radical dans ce que vous étiez pour parvenir à laisser révéler à vous ce que vous êtes. Il faut avoir la force d’appliquer les trois autres vertus pour ne laisser aucune place au péché. A chaque instant vous devez vous saisir de vos vertus pour les réaliser dans la tempérance. Elle exige de vous une maîtrise précise du moi pour tuer définitivement les faux semblants et toute armure qui empêche de vous révéler tel que vous êtes réellement. Elle oblige chacun à se doter de patience car tout ne vient pas rapidement, il faut encore essayer et chuter, puis recommencer en gardant dans votre coeur comme un fer de lance le désir de vous révéler à vous-même et de ne plus juger, de ne plus critiquer, de ne plus vous mettre en colère, de ne plus faire croire ou montrer ce que vous n’êtes pas par obligeance ou fausse convenance. Elle vous oblige à de la fermeté car après chaque chute vous devrez faire preuve de clémence envers vous-même et de force pour continuer le chemin. Chaque souvenir, chaque sentiment, chaque envie, désir, tristesse, joie, amour, faiblesse, colère doit être maîtrisé afin qu’elle ne rentre pas dans les excès. La maîtrise n’est pas le contrôle, elle est la faculté de comprendre ses sentiments et de les analyser avec justesse et vérité. Si je perds l’être aimé, je pleure car je ne le verrai plus et je me sens abandonné et seul, perdu, blessé. Mais est-ce que je pleure sur le sort de l’être aimé ou sur le mien. Si je crois en une vie après la mort et que je crois que dans cette vie tout est bonheur, paix et harmonie, ne devrais-je pas être heureux que mon amour ait accès à cela. C’est dans cette sorte d’analyse que je maîtrise mon sentiment de tristesse. L’excès de cette tristesse est une partie primitive de mon être qui ne pense qu’à son bien-être, à son équilibre, à ses propres envies et désirs, bref à nourrir son égo. Cette partie primitive est liée à un désir de survie, l’instinct. Cet instinct primitif qui est animé par votre esprit est appelé anima. Cette anima fluctue sans cesse dans votre vie, soit en haut par les joies, soit en bas par la douleur et la tristesse. Elle ne peut être au milieu car elle deviendrait immobile et inactive. C’est pourtant cette inactivité que vous devez trouver. Elle doit être présente en vous, ne réagissant pas trop violemment au monde qui vous entoure. Tout ce qui vous entoure est assujetti à cette anima: les films, les informations, les discours entre hommes politiques ou les discussions entre amis. Je ne vous demande pas d’être inerte mais de relativiser tout ce qui se passe autour de vous. Non pas devenir insensible mais être le plus sensible qu’il soit en maîtrisant les flux montants ou descendants de votre anima. J’apprends que je vais perdre mon emploi. Mon anima exulte, je pense que c’est une mauvaise nouvelle car comment vais-je vivre, comment vais-je me nourrir? Mais si je fais preuve de tempérance, je me dirai que le chemin que je croyais acquis prend une autre direction et que je vais vivre une autre expérience ailleurs. La façon de voir les choses avec neutralité demande une maîtrise approfondie de mon anima par la tempérance. Cela demande beaucoup de travail et de réflexion à poser en prenant le temps de réfléchir plus loin que mon propre jugement. La tempérance laisse faire le sentiment en l’exécutant dans toute sa longueur mais en maîtrisant tous ses aspects. La perte d’un être cher n’empêche pas le deuil mais il est vu autrement et vécu différemment, nous obligeant à sortir de notre condition de mortel en regardant la vie et la mort comme deux destinés l’une dépendante de l’autre. Laisser le sentiment naître, puis mourir sans le sublimer, juste l’accompagner dans sa propre nature. En acceptant la séparation vous permettez aussi à l’un et l’autre de continuer son propre chemin, éloignés, certes, mais en accord avec la simple destinée de chacun. Le sentiment d’amour par exaltation peut devenir aussi une douleur. Avec la tempérance, ce sentiment devient plus doux et plus facile. Lorsque vous demandez votre chemin à quelqu’un vous le demandez dans le calme et la personne est heureuse de vous l’indiquer. Si vous demandez votre chemin en exultant de joie en sautant dans tous les sens ou en colère en criant, la personne fuit par instinct et aussi de survie. La tempérance invite à contrôler ses sentiments, ne plus être colère, ne plus être malheureux, ne plus être hystérique de joie, ne plus être fou d’amour, ne plus être envieux, ne plus être jaloux, ne plus être triste. La tempérance se trouve dans l’acceptation de tout ce que vous vivez, de tout ce que vous avez, de tout ce que vous comprenez avec sagesse et intelligence, de ne plus être aimé à tout pris mais d’aimer, de ne plus désirer mais de donner, de ne plus posséder à l’excès mais d’apprécier ce que vous avez, de ne plus espérer mais de vivre, de ne plus attendre mais de réaliser, de ne plus essayer à tout pris de comprendre mais d’accepter, de ne plus vouloir tout contrôler mais de laisser faire les choses, de ne plus souffrir mais de respirer, de ne plus pleurer mais de rire, de ne plus s’appesantir mais de danser, de ne plus crier mais de chanter… la tempérance demande beaucoup de contrôle et de compréhension de ce que vous êtes réellement et le plus dur est l’acceptation et de s’aimer. Elle contribue à votre équilibre, l’harmonie et la paix avec et en soi-même. Mais lorsque vous parvenez à la maîtriser et à en faire une habitude, elle vous libère de vos chaînes de votre éducation, de vos œillères, élargissant votre compréhension et votre vision bien au-delà de vos propres limites. Elle donne accès à une porte, car jusqu’à maintenant vous avez travaillé sur votre propre être tourné vers votre intérieur mais derrière cette porte vous accédez à  votre âme pour la transformer par les dernières vertus qui, elles, vous apprendront à vous tourner vers  les autres..

La foi : 

La foi est une acceptation, un contrat, une volonté, une certitude, un serment…

L’acceptation de ce que vous avez compris et l’intégration de ce que vous avez réalisé bien ou mauvais, par cette acceptation vous avez retiré le voile qui cachait la vérité. 

Un contrat, car ce que vous allez désormais entreprendre sera toujours réfléchi car il devra être en adéquation avec les valeurs et les vertus que vous venez d’intégrer. Vous marchez, maintenant dans un chemin de lumière et vous ne pouvez plus vous égarer. 

Une volonté, car vous recevez des grâces qui vous font avancer et conforter votre foi en Dieu. La volonté de ne plus douter de lui et de son amour envers vous est désormais acquise. 

Une certitude, car avec le temps et la pratique de votre foi, vous ne croirez plus, vous saurez. Croire c’est se permettre d’évoquer des doutes à certains moments, savoir est exclure les doutes et acter que Dieu vous a saisi la main et ne vous lâchera plus. 

Un serment, car il en résulte en acte d’amour à double sens, comme si deux amis ne s’étaient pas revus depuis longtemps et finissaient par se retrouver et ne plus se quitter.

L’histoire regorge de personnes ayant perdu la vie car ils ne voulaient pas remettre en cause leur foi. Sont-ils des fous ou des héros? Ni l’un, ni l’autre, simplement puisque votre foi est une partie de votre être, de ce qui vous anime, elle vous rend humain et vivant. Comment renier votre propre nature? Elle devient vous et renier votre appartenance à Dieu, c’est ne plus accepter d’être sa création donc d’appartenir au néant et aux ténèbres. Ces personnes ont préféré mourir que de lâcher la main de Dieu, car elles savent que rien ne peut leur arriver de grave tant qu’elles tiennent la de Dieu.

Votre foi est le constat, le résultat de tout ce que vous avez travaillé. Elle découle de vous-même, de votre intérieur, elle naît en vous et se répand en vous comme un fluide vivifiant. Elle devient la réponse à toutes vos questions et vous laisse apaiser votre esprit. 

Avoir la foi c’est mettre sa confiance en Dieu. Lui dire :”fais ce que tu veux de moi car je t’appartiens”. Ce n’est pas se rendre esclave, mais c’est faire le don de soi par sa propre volonté. C’est ce rendre compte qu’on lui a toujours appartenu et ne plus en avoir peur. 

Avoir la foi n’est pas que croire en Dieu, c’est beaucoup plus fort que cela. C’est abandonner son libre arbitre à sa volonté, au chemin qu’il a décidé pour vous. Ce n’est pas non plus attendre que les choses arrivent car bien souvent, il met sur notre chemin un choix à faire dans la rencontre de quelqu’un ou d’une situation. La foi n’est pas inactive, elle vit et comme toute vie elle déborde d’énergie. Cette énergie permet d’accepter toutes les situations et d’en tirer le meilleur, de les apprécier, de les intégrer et de ne plus les subir. Elle brise les chaînes et libère l’homme de sa condition humaine et animale. Elle annule la peur d’être jugé, la peur de juger faussement, le paraître refusant d’être, l’orgueil qui entrave l’humilité. Elle donne accès à tout ce que vous refusiez de voir en vous, par peur de la vérité. Votre vrai moi, celui que vous ressentez et que vous refusez de voir.  Avec le temps votre foi deviendra vitale pour vous comme l’oxygène pour votre organisme, elle devient l’oxygène de votre âme.

La charité :

La charité est un accomplissement de l’âme. Elle révèle la nature de l’homme dans l’autre. La charité n’est pas seulement dans le fait de donner de l’argent à une association. Elle n’est pas non plus dans la publicité de ce geste. La charité est muette, silencieuse et aveugle. Muette car elle doit être exécutée dans l’invisible, ne pas être divulguée comme un fait héroïque. Silencieuse car elle n’est pas source de bruit, elle est inaudible pour certains et doit être exécutée sans clamer l’acte. Aveugle car elle ne doit pas être choisie pour telle cause plus qu’une autre, pour telle personne plus qu’une autre, elle doit être ouverte et offerte à tous sans distinction que ce soit. La charité est une source qui ne doit pas être altérée pour que tous puissent y venir se désaltérer, y trouver un refuge, une écoute, un geste, un sourire, un bonjour, une chaleur douce et rassurante pour que l’autre puisse sentir qu’il n’est plus seul.

La charité doit être vécue comme une pulsion, comme un éclat de lumière, une prise de conscience, un raz le bol d’une injustice. Elle peut être dans l’écoute avec une oreille attentive à tous les mots qu’elle entend, dans un regard qui ne se détourne plus, dans un geste amical: une main sur l’épaule pour signifier ”je suis là”, dans une volonté de changer les choses, sans être sûr d’y arriver mais au moins essayer. Elle n’est jamais subie, ni engagée dans des croisades de colère, ni politique, ni idéologique. Elle est neutre de tout cela car elle est pure et provient d’un sentiment unique qui vient du cœur comme un soubresaut, un éclat d’amour incontrôlable. La charité donne le courage de ne plus tourner le regard sur la misère et d’affronter la lumière de la vérité avec ces lueurs incandescentes de souffrance, de douleur, de mort et de vie. Elle vous oblige à voir et comprendre et ne plus vous dire que cela ne vous concerne pas. Car la vérité est que la douleur de l’autre est la mienne et la souffrance de l’autre est la mienne. Ne serais-je pas en paix, si je savais que dans le monde tout le monde vivait heureux. Ce n’est pas l’application forcée d’une volonté, elle est juste la suite du chemin que vous avez accompli et ce chemin vous amène à cette étape: l’acceptation de la vérité sans artifice, sans filtre déformant, juste la vérité, brute, implacable et dure. La charité, par cette faculté de voir, ouvre votre âme aux autres pour qu’ils puissent se réfugier et faire une pause. Elle n’est pas la solution du problème, elle permet de se poser pour réfléchir au chemin à entreprendre pour trouver la solution. En pratiquant cette charité, vous montrer du doigt le chemin que la personne doit parcourir, vous n’êtes pas le chemin et vous ne marcherez pas à sa place, vous êtes le phare dans la nuit, le refuge dans la montagne. Cela vous procure un sentiment d’utilité, un sentiment d’accomplissement interne comme une mission accomplie, un alignement spirituel qui vous laisse entrevoir la volonté de Dieu. 

La charité ne doit pas être un instrument pour être reconnu comme bon et juste ou généreux car alors l’orgueil viendra s’installer pour vous mettre en recherche de reconnaissance, alors elle se transforme en quelque chose d’inerte et d’inutile. Vous voudrez que l’on vous écoute et vous n’écouterez plus. 

Lorsqu’elle est appliquée avec amour, elle est étincelle, flambeau, lumière qui brille en vous et devient feu ardent. Ainsi par cette charité accomplie dans votre âme, vous consacrerez votre âme dans la  plénitude d’un équilibre entre vous et le père retrouvé. La charité est amour et rien d’autre et l’amour se donne. Il ne doit pas attendre de retour, il doit exister par sa seule force et non exister dans l’autre. J’aime et je n’attends pas que les autres m’aiment, si c’est le cas il le feront dans leur volonté, dans leur charité.

L’espérance : 

L’espérance n’est pas une demi vertu ou une vertu sans profondeur. Elle est la vérité sur nous-même, sur ce que nous sommes devenus dans ce parcours initiatique. La métamorphose a eu lieu en nous-même. En nous retournant sur notre vie d’avant, nous ne reconnaissons plus celui que nous étions. Le sentiment de renouveau, de nouvelle naissance est bien présent en nous car désormais nous voyons et nous entendons, débarrassés de nos filtres qui ne laissaient pas passer la lumière.

L’espérance de Dieu est dans le geste du semeur, lorsqu’il lance les graines de blé. Il a travaillé dur, en retournant la terre, en l’amendant de fertilisant, en retirant les pierres et les mauvaises herbes pour que son sol soit le plus propre possible pour recevoir la graine. Dans son geste, il y implique son espérance d’une récolte abondante et fertile. Il y met tous ses espoirs et ses prières. Dieu, lui, arrosera le sol de sa pluie et réchauffera la terre de son soleil, ainsi la graine germera pour donner un bel épis. Le semeur à fait tout ce qu’il pouvait avec son savoir et sa culture pour que la graine germe, mais il sait que sans pluie, sans soleil, elle ne donnera pas de fruit. Il sait que le reste ne lui appartient pas et que seule la volonté de la nature, de la météo, bref de Dieu, peut lui donner ou ne pas lui donner les fruits espérés. L’espérance réside dans l’acceptation que Dieu est toutes choses et qu’il contrôle toutes choses, que seul lui possède les manettes du destin de chacun. Tout est Dieu et lui seul peut nous sauver de nos fautes. Elle acte le fait que seul Dieu est notre échappatoire pour que nous ne sombrions pas dans les enfers, enfermés par les ténèbres, dans nos péchés car il est le seul à être doué du pardon total d’un père vers son enfant. Il est donc notre salut et nous espérons en son pardon. L’espérance fait de nous des êtres prêts à accueillir Dieu en nous, nous transformant en son temple. Elle nous prépare à recevoir la vérité, douloureuse qu’elle soit et ne laisse en nous aucun doute sur le chemin qu’il nous reste à accomplir. Elle nous permet de prendre la décision de tout abandonner à Dieu et de le suivre. Abandonner ses biens, ses amis, sa famille, ses peurs, ses doutes. S’affranchir de nos chaînes humaines pour espérer pouvoir être digne de se placer à la table du Seigneur et de suivre ses enseignements. Elle ne donne aucun pouvoir, ni aucune reconnaissance car elle abolit les péchés: l’avarice, la colère, l’envie, la gourmandise, la luxure, l’orgueil et la paresse. Elle est la dernière étape de transformation révélant à nous même et aux autres notre vraie nature. Notre corps devient la terre fertile du semeur et notre foi, la graine de blé. Nous avons retiré tout ce qui gêne l’éclosion du fruit. Désormais nous espérons en Dieu pour qu’il puisse venir faire grandir cette graine en nous. 

L’espérance est la dernière étape d’une existence tournée vers soi-même pour désormais se consacrer aux autres.

La sagesse:

Les deux derniers dons sont de l’ordre divin , c’est-à- dire que seul Dieu décide à qui il peut les octroyer. Ces dons ne sont plus de notre dimension mais donnent à celui qui les possède la faculté de voir toute chose avec les yeux de Dieu. La sagesse permet de comprendre la nature même de la volonté de Dieu. Elle ouvre les yeux sur l’invisible et lui apprend le mécanisme que Dieu à mis en place dans notre univers. Vous regardez le grand mécanisme de l’univers et vous comprenez chaque engrenage et leurs fonctions. vous les analysez, appréhendez et vous connaissez les moyens que Dieu utilise pour chaque personne et qu’elle est l’utilité de chaque personne pour le bon fonctionnement de l’humanité. Vous ressentez et connaissez non plus pour une personne et son état mais ce que son état peut apporter au bon fonctionnement de l’humanité. La sagesse donne la faculté de savoir si les choses qui se passent ou viennent dans nos vies sont de Dieu ou des ténèbres. Elle apporte le discernement par la lumière et la vérité. Elle oblige toute personne qui se trouve en face d’elle de dire la vérité et d’avouer ses fautes. Elle délie les âmes du pêchers: mais ne juge pas, ni ne prononce de sentence car elle connaît et utilise avec fermeté les 7 autres dons. Elle donne à ceux qui la possèdent de voir et de connaître toute chose dans le passé, dans le présent et dans le futur. Elle ouvre les yeux, les oreilles, le cœur et l’âme pour que l’esprit saint s’y installe. 

L’intelligence :

Elle se lie avec la sagesse pour permettre de comprendre la fonction de toute chose émise par Dieu et le but à atteindre de cette chose. L’intelligence est une révélation sur le but et la finalité que cherche Dieu, elle explique, elle démontre et divulgue tous les secrets encore jusque là inaccessibles. Elle anime et imbrique chacune des fonctions les unes dans les autres et donne à celui qui a accès à ce don la capacité de les voir et de les assembler lui-même. Elle permet de changer la nature des choses dans la matière pour permettre un accès à Dieu plus simple et plus efficace: une montagne vous empêche de voir le soleil, elle permet de bouger soit la montagne soit le soleil. Elle donne l’accès sur toute chose: esprit, âme et corps faite de matière par le verbe et la foi. Alors celui qui est doté de ce don  peut changer l’eau en vin ou guérir le paralytique, l’aveugle, faire revenir une âme des morts, mais il ne peut le faire que si cela permet à Dieu d’atteindre son but. Si elle ne sert aucun but alors le don est inerte; l’eau reste de l’eau, la montagne ne bouge pas et il n’y a pas de guérison. Si une personne atteinte de paralysie des jambes est guérie par la volonté de Dieu par quelqu’un qui possède ce don et que le paralytique croit en Dieu, elle pourra annoncer sa guérison par Dieu. Si elle ne croit pas en Dieu et est guérie, elle trouvera la raison de sa guérison dans une autre cause, même s’ il n’y a pas d’explication rationnelle, alors la guérison sera éphémère. La volonté de l’intelligence ne peut être exécutée que par la soumission totale et entière à Dieu, sans compromission et sans espérer en retirer des lauriers. Vous ne pouvez prétendre à rien car tout vient de la miséricorde de Dieu. Le don d’intelligence est la synthèse exacte de votre transfiguration, elle n’est que la somme totale de votre transformation d’état en état, tel l’alchimiste cherchant à faire du plomb de l’or et de l’or, la pierre philosophale. Elle est le but de chacun auquel nous devrions essayer d’accéder, et ce but s’ appelle CHRIST.

En conclusion , la pratique des vertus est accessible à tous mais requiert une volonté et une force que vous devrez trouver en vous-même et surtout en Dieu. Bien d’autres la recherchent ailleurs: dans l’argent, dans les possessions, dans leur propre gloire, mais elles sont éphémères et ne renferment que leur orgueil. Elles nous enterrent au lieu de nous élever. La conviction de la croyance est la foi et la foi est la voix de Dieu qui résonne en chacune de nos capacités à changer. Bien sûr que le chemin que je vous propose est dur et demande des efforts mais sans souffrance et sans efforts aucune gloire. tout est devant nous, chaque vertu est représentée par des couleurs :

la justice : le jaune

la clémence : l’argent

la force : le rouge

la tempérance : le violet

la foi : le bleu

la charité : le vert

l’espérance le gris

Ces couleurs avec celle de la sagesse et de l’intelligence forment les couleurs de l’arc en ciel. En les mélangeant vous obtenez de la lumière. Donc il faut créer en vous votre arc en ciel pour qu’en vous naisse la lumière.

OC 2024


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